les Montagnards Unis

ski de rando au Gleysin, 7 mars 2008 ( et récits d'une avalanche)


Cette balade du 7 mars  complète le petit tour en ski précédant, que j'avais écourté après 3 jours.

Après un petit redoux, après de nouvelles chutes de neige ( mais très ventées),  un petit créneau météo se présente,  avant de nouvelles perturbations.
Le lendemain de ces  chutes de neige, grand ciel bleu annoncé.  Je me méfie, j'attends la journée suivante (même s'il fera plus gris) = c'est vraiment un délai minimal de prudence.
Et je mets le réveil à 5 heures.

Pas question de "boucler" en plusieurs jours : cette neige nouvelle, fraîche est bien tentante,... mais inutile de consulter la météo ni le BRA, Bulletin Risques  Avalanches, pour se dire qu'elle doit être   dangereuse aussi...
Je suis bien motivé, bien motivé à ne surtout pas tenter le diable aujourd'hui.



Ce rappel, au cas où on oublierait =





Vous n'avez pas bien vu ?





Celle qui sera l'héroïne du jour : une sympathique surfeuse,
qui monte avec des "skis d'approche"  et sa planche sur le dos.




La cascade (qui se contourne par la gauche),
je ne l'avais encore jamais vue dans cet état.




Joli, ce  retour d'hiver




Les prévisions météo sont exactes = des nuages, mais pas trop bas.
Attention = après ce ruisseau, pour arriver au refuge de l'Oule,
se présente une dernière pente qui peut être "plaquée" et avalancheuse.
 2 personnes y sont restées, il y a quelques années.





Ambiance sympa au refuge. Quelqu'un dort encore...
Promis, la prochaine fois, j'apporte les croissants.





Bon, c'est pas l'tout ! Direction Pôle Nord à présent.

( Ce massif du Gleysin, très sympathique, attire toujours un peu de monde.
Un avantage, quand il faut tracer profond dans la poudreuse.)




Le temps d'une pose-photo, prétexte d'une courte pause.




Courte pause, car le blizzard souffle. De face...




Arrivé sur le plateau au-dessus du refuge, c'est l'heure des choix.

Tout droit, vers Comberousse ? Le blizzard de face ne me tente pas.
Et puis , ce signal  s'allume dans ma tête =  "danger, plaques à vent".

A droite alors, vers les Portes d'Eglise ?
ça m'a l'air déjà mieux protégé, mais pas tant que ça...
Alors à gauche, pour le col du Morétan, plus à l'abri.
En plus, la surfeuse et son copain m'ont taillé une belle trace. Merci !



Du coup, j'ai tout mon temps, je monte très tranquille.
" chi va piano, va sano..."




Ils sont trois à me faire la trace jusqu'au col. Vraiment sympas !




Vérification faite, l'arête bien qu'étroite n'est pas cornichée.
Je m'y pose quelques minutes, malgré le vent.
Car j'ai bien droit à ma récompense = une cigarette...




Basculer de l'autre côté  du col et "boucler", c'est tentant...



Mais non, je vais descendre par l'itinéraire de l'aller.
Avec  une bonne partie du massif, vers l 'ouest devant mes yeux.




La pointe de Comberousse. Il y a une quinzaine de jours, elle a été gravie.
Aujourd'hui, je n'y mettrais pas un orteil, même pour une forte somme.



3 cols, tout proches les uns des autres.
Selle du Puy Gris, col de la Valloire, col de Comberousse.
Sûrement bien  "plaqués" ce matin...



Puy Gris, je l'escaladerai à nouveau. Mais je vais attendre l'été...




Je crois que des gens sont montés aux Portes d'Eglise ce matin.




De retour sur le plateau, une plaque à vent à été déclenchée.



C'était la surfeuse, qui descendant du Morétan, avait ( je crois) trop serré  sur la gauche sous l'épaule rocheuse, pour remonter vers le col du Gleysin.
Sur la droite, c'était déjà moins favorable à une plaque, je crois.
Et sauf erreur de ma part, elle s'est engagée par là car il y avait déjà une trace.



"Craaaac" et "Wloooufff" :
c'est le bruit d'une plaque à vent qui se fissure et se décroche sous vos skis.

La photo est instructive, je trouve = la surfeuse était devant,  arrivée presque à la fin de cette pente plus raide, juste sous un genre de crête.
( quelques mètres sous une crête, le vent a tendance à déposer la neige et à former ces redoutables plaques parfois très épaisses mais friables).

On voit très bien la cassure nette que la surfeuse a provoquée sous ses pieds.

Elle s'en est tirée sans aucun mal.
Il n'y avait pas de rochers, pas d'arbres, en dessous. 
Emportée sur 100 ou 200 mètres, elle n'a pas été enfouie trop profond,
avec son bras qui dépassait. Et il y avait du monde à proximité.

Lire, en bas de cette page,  les utiles précisions et rectifications de Manu,
le copain de la surfeuse,sur le déclenchement de cette plaque.






Tout ça me fait hésiter.
Je me décide à rejoindre cette belle pente qui mène au refuge, par une traversée non tracée, où je teste sans arrêt l'état de la couche de neige.





Vraiment, ce fut une belle pente, une belle neige !
( mais une pente à coulées, surtout au printemps, quand ça a bien chauffé...)




Il vaut mieux savoir où se trouvent les barres rocheuses,

avant de s'engager dans cette pente...



Au milieu, la cascade de glace, toute proche du refuge,
pour les amateurs ...




Content, ...





Très content...
( le refuge de l'Oule, le dernier endroit à la mode où tout le monde se retrouve)



D'autant plus content qu'après le refuge, il y a encore du "bon ski à faire".
A  la pente avalancheuse, je préfère aujourd'hui ce joli couloir ,
 en une neige très facile et rassurante.





Dommage, me voilà déjà en bas de cet agréable "couloir" .




" Sous les pavés, la plage..."   (dicton parisien)





....  et  "Sous la neige, le torrent"
(dicton montagnard, qui a la même signification).




Avec la neige de ce jour, cette traversée étroite entre bosses et arbres,
c'est un plaisant jeu d'enfant.
( aux moments chauds, c'est un endroit à coulées de fonte)





Amusante piste de bobsleigh entre les sapins, et pas encore verglacée,
quasiment jusqu'à la voiture.



18h 45.  A Grenoble, du haut des mes 10 étages,
Belledonne en rosit de bonheur.



Le Taillefer répond à Belledonne,...




... en rosissant de plaisir à son tour.
Et moi aussi.




3 jours après, Alizé et Manu reviennent sur leur mésaventure
qui aurait pu très mal tourner.

Sur le blog d'Alizé, >> voici leurs récits et leurs réflexions  <<

La frayeur,  que l'on éprouve parfois en tombant dans un des nombreux pièges de la montagne , ( et que j'ai éprouvée à 3, 4 reprises)
elle est salutaire, je  trouve. 
moi, ça m'incite à l'aimer et la respecter plus encore.
Comme dit dans mon article "Philosophie du montagnard",  la montagne résiste, il est vain de chercher à la "conquérir" . Et je souhaite qu'elle reste une tueuse. Une tueuse, qui impose respect et humilité.
( même si je ne  souhaite la mort de personne, même si je souhaite à tous plaisirs et bonheurs)

Par ici   >> des vidéos d'avalanches de plaque << , dont l'une, en bas de la page,  présente des points communs avec celle de ce vendredi.







08/03/2008
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