les Montagnards Unis

Taillefer : 3 couloirs en 1 journée et une bonne bière...

6 mai, retour au Taillefer, là où la saison de ski de rando commence et s'achève.
La route vient d'être déneigée jusqu'au bout, faut se dépêcher pour profiter des pentes encore bien blanches.
Mais quand même, j'hésite à remonter ces couloirs que je n'ai jamais empruntés.
J'ai même un peu les chocotes... (en réalité,  vues de loin, les pentes sont  toujours plus impressionnantes).

Une journée où je me ferai accompagner par Edward Whymper :

Les couloirs de neige ne sont ni plus ni moins que des ravins en partie remplis de neige.Ils sont fort utiles; on peut les considérer comme des grandes routes naturelles placées, par une bienveillance providentielle, dans une situation favorable pour qu'on puisse atteindre certains endroits qui, sans leur secours, seraient inacessibles.
Ces couloirs font la joie du montagnard car, du plus loin qu'il les aperçoit, il sait qu'il peut compter sur un chemin praticable, quand tout ce qui l'entoure est incertain; mais pour les pauvres voyageurs novices, ils sont une véritable affliction;en effet quand ils se sentent sur une pente de neige un peu raide, les voyageurs novices sont généralement tourmentés par ces 2 idées : 1° la neige peut glisser, 2° ceux qu'elle porte pourraient bien glisser en même temps.
Pour ceux qui connaissent par expérience les qualités précieuses d'un couloir, rien n'a certes l'air moins commode et moins tentant que ce genre de passage; si des touristes peu expérimentés se trouvaient obligés de traverser une arête ou d'escalader des rochers où se rencontreraient des couloirs semblables, ils éviteraient instinctivement.
Bien au contraire les alpinistes éprouvés les considéreraient comme un chemin naturel et s'empresseraient de les remonter, à moins qu'ils ne fussent remplis de glace ou balayés par des avalanches de pierres, ou bien encore à moins que les rochers voisins ne fussent, ce qui est rare, plus facile à gravir que la neige.

Edward Whymper,  dans "Escalades dans les Alpes" ( un bouquin plein  d'humour  anglais...)
Il  fit la première ascension de la Barre des Ecrins  en 1864 et la première du Cervin, en 1865...


René, qui tient avec Paulette la buvette "Les Marmottes" dort encore.  Je le verrai peut-être à mon  retour.


Au début, ça va tout  seul. Après, ça se raidit, et faire le funambule à skis sur les boules dures et déséquilibrantes, ça devient un peu lassant.


Mauvais choix ? : je traverse cette pente de boules, pour retraverser de nouveau et m'engager dans le ''Couloir à René''.


Mauvais choix, car sur ma droite, il y avait un passage plus commode.


Il n' a pourtant pas l'air  si long, ni si  difficile, le Couloir à René. Surtout qu'il est encore très bien ''rempli''.


Mais  tout  de même, c'est beaucoup plus long que ça en a l'air. Le vague replat que je  distingue en  haut  se fait  désirer... La neige est bien dure, pas de risques inutiles, j'ai mis les skis sur le sac, et je monte en crampons-piolets. 


Je commence à en venir à bout, de ce René et son  couloir...  Mais par temps plus chaud, ou plus tard dans la journée,  ce ne serait pas un itinéraire très recommandé : une grande paroi au soleil le  surplombe, aucune pierre n'est tombée quand je l'ai gravi, juste quelques brisures de glace...


Et oui, c'est un peu raide derrière moi... Mais avec mes 2 piolets avec dragonne, je suis tout à fait tranquille.


Me vlà enfin  sorti de ce couloir à René ! Avant de rechausser les skis, coup d'oeil sur le lac  du Poursollet sous mes pieds, encore à moitié gelé. mais à Grenoble, il doit faire bon...


Je vous laisse chercher le Grand  Galbert ( fastoche !), le Grand Pic de Belledonne   et le Mont-Blanc ( un peu plus difficile...)


Gros plan sur le Grand Pic  de Belledonne.......


Pente tranquille, à l'approche du lac de la Courbe, ça  change...


En vue, l'entrée du 2ème couloir de la journée.


''Le Couloir de la croix Pinelli",  moins dangereux et plus facile que le ''Couloir à René, à gravir à skis grâce à la neige plus exposée au soleil et plus  molle.


Tout de même, à mi-pente, je remets les skis sur le sac, j'avance plus vite tout droit dans la pente plutôt qu'en faisant des conversions tous les 3 mètres.


Bah nous y vlà déjà ! La croix Pinelli, sur l'arête de Brouffier : à peine 250 mètres de couloir, de la rigolade... ( juste faire un peu gaffe à la pente en "rive droite", par temps froids, ça pourrait être un bon endroit à plaques à vent)


Vite fait, un regard vers le sud-est et le début  des Ecrins, vite fait j'avale mes sardines habituelles et la compote  de pommes, je ne peux même pas allumer une cigarette...


... et oui, des petits cumulus bien frais se sont ingéniés à me pourrir la pause casse-croûte sur l'arête. Alors, je préfère redescendre sous le brouillard  et le vent.


Quelques virages étroits, une petite chute de rien du tout dans la neige molle, et on en vient vite à bout de ce couloir de la croix Pinelli.


Toujours pas compris où se  trouve le "couloir de la facette Nord du Petit Taillefer". Mais avec un peu plus de neige, ce couloir en zigzags pourrait être assez fun.


Ensuite, je laisse sur ma droite le "couloir à René", pour rendre visite au "couloir à Paulette". Jolies pentes au début, bien raides mais larges....


Méfiance quand même aux endroits de brusques ruptures de pente (juste en dessous, c'est toujours des endroits parfaits pour les grosses accumulations de neige, les plaques à vent).  De fait, même en skiant très molllo, je déclenche une grosse coulée de printemps, qui glisse lentement...



En restant bien à l'ombre, pour éviter la neige trop molle et les coulées, ça descend  tout  seul...


Dernière partie du couloir à Paulette, bien en neige encore, ça passe à l'aise.


Regard en arrière sur le parcours de la journée, ce n'était pas si difficile que ça ... à gauche, le couloir à René, à droite le couloir à Paulette. Manque tout en haut, le couloir de la croix Pinelli qui débouche sur l'arête.


Je crois que j'ai oublié mes lunettes de soleil à côté de ces fleurs...
René apparaît devant son chalet, ... retrouvailles... et je fais avec lui une autre ouverture : l'ouverture de sa buvette, (saison 2009) !
Trois couloirs en une journée et une bière fraîche en  bas, c'est le grand luxe !

(René : si tu payes ton coup à tous les randonneurs de passage, c'est pas comme ça que tu vas améliorer ta petite  retraite...)


Aux dernières nouvelles, la buvette "Taillefer" est fermée.  Mais pas d'inquiétude, "Les Marmottes" sera ouverte jusqu'en septembre, René et Paulette ont monté la bière. Leur dédier ces couloirs, c'était bien la moindre des choses, pas vrai ?


Quant au lac du Poursollet, il retrouve ses couleurs printanières et bientôt estivales...


Et oui, c'était la dernière ( à skis) de la saison 2008-2009....





12/05/2009
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