les Montagnards Unis

Mars 2008 = le rescapé de la Vallée Blanche


http://www.pghm-chamonix.com/index.php

Une belle leçon de ténacité.

Jeudi 20 mars 2008, un argentin de 38 ans part vers 09 heures, avec 05 amis espagnols faire la Vallée Blanche. Dans ce groupe équipé uniquement de baudriers, seuls deux participants ont un bon niveau de ski permettant la descente cet itinéraire de haute montagne. Aucun des 06 participants n'a conscience des dangers que représente une progression sur domaine glaciaire.

Après deux heures de laborieuse progression, Fernando et son groupe décident de se séparer. De retour dans la vallée, ses amis nous préviennent à 17h40 de sa disparition inquiétante. Nous déclenchons immédiatement l'opération de secours et survolons avec attention toutes les crevasses de l'itinéraire classique de la vallée blanche jusqu'à l'arrête de l'Aiguille du Midi. Ne trouvant rien et la météo étant prévue très mauvaise le lendemain, deux équipes de secouristes sont déposés vers 19h00 au pied de l'arrête de l'Aiguille du Midi et refont de nuit à ski tout l'itinéraire supposé de la victime jusqu'à la grotte de la Mer de Glace. En vain...

Pour le reste, nous vous laissons lire son rapide récit :

« Je suis tombé dans une crevasse. J'ai enlevé mes skis et j'ai réussi à sortir seul(1). A ce moment là, il faisait nuit, j'ai entendu l'hélicoptère mais il ne pouvait pas me voir. J'ai creusé une tranchée, j'ai mis mes skis et mon sac au dessus pour me protéger. J'ai mis l'alarme de ma montre toutes les heures pour me réveiller et faire des exercices de réchauffement. Le ciel était dégagé, j'ai vu le télécabine d'Helbronner, j'ai décidé de rejoindre ce point le lendemain.

Le vendredi 21 mars, il y avait du vent, du brouillard et de la neige, j'ai rampé pour rejoindre le télécabine d'Helbronner, je n'y suis pas arrivé parce que j'étais trop fatigué. J'ai creusé un trou assez grand pour passer la nuit et j'ai refait des exercices toute la nuit.

Le samedi 22 mars, j'avais très froid et je regardais toutes les heures dehors si je voyais des personnes. Vers 10 heures, je remarque que le télécabine au dessus de moi fonctionne. Plus tard, j'ai vu du monde dans une cabine. J'ai fait des signes et j'ai crié, les personnes ont ouvert la fenêtre et je leur ai demandé de l'aide. Je ne sentais plus mes jambes. Au bout de 10 minutes, l'hélicoptère est arrivé et m'a secouru (2). »

Aussi incroyable que puisse paraître cette histoire, Fernando ressort indemne de cette mésaventure. Il ne possédait aucun moyen d'alerte (son téléphone portable ne fonctionnait plus suite à sa chute dans la crevasse). Pas de lampe ni même de briquet pour éventuellement faire des signaux de détresse la nuit. Même s'il apparaît que Fernando a commis de grossières erreurs d'appréciations, il faut néanmoins reconnaître son formidable instinct de survie qui lui a fait prendre toutes les bonnes décisions dans une telle situation. Mais ne soyons pas dupe, il ne doit son salut qu'aux 04 d'heures d'éclaircies survenues sur le massif la journée du 22 mars...

Que cela nous serve à tous de leçon, il ne faut jamais laisser tomber et toujours continuer à se battre jusqu'au bout. Ce n'est pas Joe Simpson (3) qui dirait le contraire...

Moralité de l'histoire, s'il est encore besoin de le rappeler, on ne laisse jamais quelqu'un seul sur un itinénaire glaciaire...


1 : Après plus de 4 heures d'effort et une énorme chance de ne pas tomber plus profond

2 : Avec l'éclaircie observée cette journée, nous avions déjà fait quelques secours dans le secteurs et de nouvelles recherches aériennes avaient été entamée au cas où...

3 : Lire son livre « la mort suspendue »



01/04/2008
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