les Montagnards Unis

le livre de Sarko sur les religions, critiqué par Eric Besson

Le Nouvel Obs          Nº2255          SEMAINE DU JEUDI 24 Janvier 2008


«aujourd'hui il nous propose d'importer dieu»
Laïcité : quand Besson évaluait Sarkozy...

«Les Inquiétantes Ruptures de M. Sarkozy»,
sous la direction d'Eric Besson
.


Il y a un an, l'ex-responsable du PS, et actuel ministre de "couverture",
analysait la vraie nature du sarkozysme. Avec une rare pertinence sur Sarkozy et la question religieuse. Extrait de son livre.



«Beaucoup n'ont retenu de l'ouvrage de Nicolas Sarkozy consacré à la question religieuse, «la République, les religions, l'espérance» (Ed. du Cerf), que sa suggestion de modifier la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat.
Peu nombreux sont ceux qui ont observé que son ambition réelle est bien plus vaste et qu'elle consiste à faire des religions le nouvel outil de régulation de nos sociétés
. Exagération de notre part ? Absolument pas ! Il suffit de le lire : «Je suis convaincu que l'esprit religieux et la pratique religieuse peuvent contribuer à apaiser et à réguler une société de liberté» Et d'ajouter, pour être certain d'être bien compris, qu'«on aurait tort de cantonner le rôle de l'Eglise aux seuls aspects spirituels» (1). (...)
Cette relégitimation du rôle politique et social des Eglises prônée par Nicolas Sarkozy n'est pas sans danger. Elle s'est tout d'abord traduite par l'intronisation de l'UOIF - une organisation musulmane intégriste et minoritaire - comme représentant officiel de l'islam de France. (...) Cette politique de relégitimation fragilise ensuite l'autonomie des cultes car, en accordant des droits et des obligations aux religions, Nicolas Sarkozy propose en fait de renouer avec le régime bonapartiste du concordat de 1801 qui avait organisé un régime de cultes reconnus par l'Etat. Revenir sur la laïcité, c'est en effet amener l'Etat à faire le tri dans les philosophies, les croyances et les opinions !



Cette politique organise enfin, et de fait, la promotion des mouvements sectaires et des intégristes. En effet, en octroyant un statut aux religions, Nicolas Sarkozy pose inévitablement la question de la définition de la religion. Quelles sont les religions qui pourront prétendre à ce statut ? Que faire avec les mouvements fondamentalistes et avec les < sectes qui revendiquent le statut de religion ? On sait que les Témoins E de Jéhovah ont d'ores et déjà obtenu des tribunaux français le statut de religion. A qui le tour sous l'empire des idées sarkozystes ? (...)
Les lignes écrites par Nicolas Sarkozy dans son ouvrage prennent toute leur signification. «Maintenant que les lieux de culte officiels et publics sont si absents de nos banlieues, on mesure combien cet apport spirituel a pu être un facteur d'apaisement et quel vide il crée quand il disparaît» Et pour ceux qui n'auraient pas encore compris, il ajoute encore : «Au bout du compte, l'espérance dans un au-delà meilleur est un facteur d'apaisement et de consolation pour la vie aujourd'hui»

Comme aux Etats-Unis, il faut en appeler aux religions pour régler nos problèmes.«Quel est le problème de nos banlieues ? C'est qu'elles se sentent abandonnées, y compris par l'Etat» Fort de ce constat, Nicolas Sarkozy préconise-t-il un retour de l'Etat dans ces quartiers ? Pas du tout ! «Les cadres de l'Eglise en France pourraient susciter une grande réflexion sur la nécessité de construire des synagogues, des églises et des mosquées dans les banlieues. A mon sens, il est aussi important d'ouvrir des lieux de culte dans les grandes zones urbaines que d'inaugurer des salles de sport, elles-mêmes très utiles !» (...)

Et pourquoi alors s'arrêter aux seuls problèmes des banlieues ? Car nul ne sait où s'arrêteront les prétentions politiques et sociales des religions ainsi relégitimées.
Viendra le tour de l'enseignement. Quoi de plus normal d'ailleurs puisqu'il faut réhabiliter les valeurs religieuses au sein de notre jeunesse :«On ne peut pas éduquer les jeunes en s'appuyant exclusivement sur des valeurs temporelles, matérielles, voire même républicaines (...). La dimension morale est plus solide, plus enracinée, lorsqu'elle procède d'une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu'elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain. (...) La morale républicaine ne peut répondre à toutes les questions ni satisfaire toutes les aspirations» L'Education nationale doit donc former des croyants et non des citoyens...

Il n'y a pas jusqu'à la politique monétaire qui pourrait être placée sous la protection de Dieu. Pourquoi ne pas écrire sur les billets de la Banque centrale européenne la devise figurant sur les dollars : «Nous avons confiance en Dieu» ? Hier, l'Europe importait des Etats-Unis le jean, le Coca-Cola,»» le rock'n roll ou encore son cinéma.
Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy nous propose d'importer Dieu !




27/02/2008
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